Dans le prolongement de la publication en mai 2019 du 3e Baromètre de l’accessibilité numérique en lecture publique, le ministère de la Culture (DGMIC, Service du livre et de la lecture) publie une plaquette « Accessibilité numérique en lecture publique. Chiffres-clé 2019 et recommandations« , en partenariat avec l’Association des bibliothécaires de France (ABF) ainsi que la Fédération des utilisateurs de logiciels pour bibliothèques (Fulbi), RéseauCarel, l’Association Valentin Haüy (AVH), la Bibliothèque publique d’information, la Bibliothèque nationale de France, le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), ainsi que Com’access et Oceane consulting (Tanaguru).
Nous avons eu l’honneur de nous voir confier le dossier du numéro 100 de Bibliothèque(s). Intitulé “+ de 100 idées pour changer le monde ta bib !”, le dossier compte 178 idées qui témoignent du dynamisme sans cesse renouvelé des bibliothèques, et de la nécessaire adaptation de nos métiers à la société !
Nous avons essayé de relever le défi d’un non-inventaire à
la Prévert, en essayant de couvrir au mieux tous les sujets, pour toutes les
compétences et pour tous les budgets… Nous avons reçu pour cela l’aide de
nombreux·euses bibliothécaires qui nous ont proposé des idées et envoyé des
informations précieuses. Merci à elles et eux !
Parmi ces idées, nous avons eu à cœur de citer des exemples illustrant les problématiques d’accessibilité en bibliothèque pour les publics empêchés, en situation de handicap ou d’illettrisme, valeurs que défend la commission AccessibilitéS de l’ABF.
Nous vous proposons donc ici quelques extraits de ce numéro
sur ces thématiques, en guise d’ “apéritif de confinement”, en attendant
d’avoir le numéro papier dans les mains… 🙂
En espérant que cela vous donne de l’inspiration et des
envies de changer… votre bibliothèque… puis le monde !
Nathalie Étienne et Amandine Jacquet
Voici les codes que nous avons utilisés pour mentionner les
bibliothèques : Nom de la bibliothèque ou Commune (Type, (Communauté de)
Communes, Département ou Pays, Nombre d’habitant·e·s).
Les types de bibliothèques ont été codés de la façon
suivante :
BP : Bibliothèque publique
BD : Bibliothèque départementale
#2 Un espace identifié “facile à lire”
Crédit photo : CC BY-SA Charlotte Henard
Un espace pour tous et toutes qui présente de face, une sélection d’ouvrages « Faciles à lire », choisis pour leurs critères d’accessibilité et de lisibilité, à la médiathèque de Pierresvives (BD, site ouvert aux publics, Montpellier, Méditerranée Métropole, Hérault, 465 100 hab.). Ces livres bénéficient d’un accompagnement auprès des publics en fragilité linguistique : personnes en situation d’illettrisme, de français langue étrangère, d’alphabétisation, d’empêchement ou de handicap, etc. Un logo permet de les identifier facilement.
Voir aussi le Communiqué Facile à lireet d’autres articles concernant Facile à lire sur le blog Accessibib.
#8 Une histoire par téléphone
La bibliothèque de Toronto (BP, Canada, 2 700 000 hab.,)
propose aux enfants de 3 à 12 ans d’écouter gratuitement une histoire par
téléphone à tout moment de la journée en appelant le service Dial-A-Story
(“Appelle une histoire”) de la bibliothèque. 16 langues sont disponibles. Des
magnets offerts avec les coordonnées téléphoniques sont à disposition sur les
étagères des sections jeunesse des bibliothèques de Toronto.
Découvrez d’autres idées pour aider les enfants à accéder à la
littérature jeunesse dans le numéro 100 de Bibliothèque(s). Vous y trouverez
par exemple : des chapeaux à histoires (#7),
un Bibphone (#9), ou encore des petits défis à relever seul.e ou en
famille (#11) !
Le réseau des bibliothèques publiques de Suède a mis en
place «L’étagère de la Pomme» (Äppelhyllan) : c’est un fonds spécifique pour
les enfants avec des besoins spéciaux (dyslexie, difficulté d’apprentissage de
la lecture, apprentissage de la langue des signes…) comprenant entre autres
des livres tactiles et des mallettes thématiques contenant un livre, la peluche
du personnage de l’histoire et des fiches avec les mots et les images de
l’histoire.
Les mallettes sont prêtées aux familles avec des enfants DYS
ou en situation de difficulté dans l’apprentissage de la compétence lecture, et
aux professionnel·le·s concerné·e·s.
D’autres types de prêts en sacs, sacs à dos ou en mallettes à découvrir
dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).
Lire des articles sur les propositions des bibliothèques concernant les personnes dyslexiques sur le blog Accessibib.
Mallette adapté pour les DYS autour de Mimi la Souris, à la bibliothèque centrale de Goteborg (BP, Suède, 543 000 hab.). Crédits photos : CC BY-SA Amandine Jacquet
#38 Lire au chien
Afin d’aider les enfants à développer leurs compétences en
matière de lecture, ou même dans le cadre de programmes de lutte contre
l’illettrisme, certaines bibliothèques proposent de faire la lecture à un
chien. En effet, « le chien est une présence vivante qui, contrairement à
l’être humain, ne juge pas, ne corrige pas. Lorsqu’on est sans cesse arrêté par
les enseignant·e·s, les parents, les orthophonistes, cela n’encourage pas à
poursuivre. Le chien offre une écoute bienveillante, chaleureuse, l’enfant est
soutenu dans l’effort. », souligne Sophie Jacques, directrice de la médiathèque
d’Illkirch Graffenstaden (BP, Bas-Rhin, 26 800 hab). Cette bibliothèque a invité un chien et sa médiatrice
à venir rencontrer les publics ponctuellement en 2016-2017.
Mais ce service est généralement proposé de manière pérenne
et régulière en bibliothèque, comme à Sello (BP, Helsinki, Finlande, 642 000
hab.), Halifax (BP, Canada, 390 100 hab.), Tallinn (BP, Estonie, 426 500 hab.)
et le Comté d’El Paso (BP, Colorado, USA, 650 200 hab.). Les Finlandais ont
même adapté le concept avec des “vaches de lecture” pour les visites scolaires
à la ferme…
#73 Des outils pour un confort visuel
[…] La BML (BP, Lyon, Rhône, 516 100 hab.) propose un
panel d’outils adaptés aux personnes qui lisent difficilement l’imprimé. Des
scanners et logiciels de reconnaissance de caractères, des machines à lire qui
numérisent tout document imprimé avant d’en faire la lecture grâce à une voix
de synthèse, et des loupes numériques : en posant la loupe sur le document à
lire ou en utilisant la fonction photo pour capter une image à distance, il est
possible de grossir et modifier l’affichage (choix du grossissement, couleurs
de fonds et de texte, contraste et luminosité… ).
Vu aussi à la médiathèque du pays de Lunel (BP, Hérault, 25
000 hab.).
De manière plus générale, les bibliothèques s’engagent à
favoriser l’accès des personnes en situation de handicap à l’ensemble de leurs
espaces et services, à travers la mise à disposition de collections et de
matériels adaptés, des espaces et une programmation culturelle accessibles,
ainsi qu’un service de médiation. C’est le cas du département « Lire autrement
» de l’Alcazar (BP, Marseille, Bouches-du-Rhône, 862 000 hab.) et de l’espace
Borges des Champs-Libres (BP, Rennes, Ille-et-Vilaine, 215 000 hab.) qui
proposent une informatique adaptée et des collections spécifiques : plage et
imprimante braille, téléagrandisseur, scanner avec reconnaissance de
caractères, machine à lire, loupes, lecteurs Daisy, logiciels et ressources
numériques…
Retrouvez un exemple de communication décalée pour les appareils Victor
(format Daisy #178) dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).
Lire des articles relatifs aux personnes en situation de déficience visuelle en bibliothèque sur le blog Accessibib.
#110 Garder le lien malgré l’incarcération
L’accessibilité ne se limite pas à des questions de bâtiment
ou de format de documents. Cette problématique est fortement corrélée à la
question des publics empêchés et peut déboucher sur des initiatives liées au
maintien du lien parents-enfant en cas d’incarcération. La bibliothèque de
Brooklyn (BP, État de New York, USA, 2
533 000 hab.) organise la lecture
d’albums entre enfants et parents en prison, par écran interposé, appelée
«TeleStory». Un programme similaire a été implanté à New York (BP, État de New
York, USA, 8 623 000 hab.) : visant à améliorer les compétences en lecture tout
autant que les relations entre les parents incarcérés et leurs enfants, le
programme «Daddy & Me» (et «Mommy & Me») invitait les parents à
enregistrer une histoire lue à voix-haute sur un CD qui était ensuite envoyé à
l’enfant.
Lire des articles relatifs aux bibliothèques de prison sur le blog AccessibilitéS.
#113 Un accompagnement aux démarches e-administratives
Pour accompagner les publics dans leurs démarches
administratives en ligne mais aussi les aider à la rédaction et la mise en
forme de courriers, CV, lettre de motivation…, des permanences administratives
hebdomadaires sont assurées par une écrivaine publique numérique à la
bibliothèque Anne Frank (BP, Saint-Nazaire, Loire-Atlantique, 70 000 hab.) ou
par des bibliothécaires (formé·e·s) à Valence Romans Agglo (BP, Drôme, 223 000
hab.) et à Signy-l’Abbaye (BP, Ardennes, 1 400 hab.).
Vu aussi à la BMVR (BP, Marseille, Bouches-du-Rhône, 862 000
hab.) où une association de bénévoles intervient pour tous types de courriers,
y compris personnels. En complément, la bibliothèque de Pantin (BP, Seine-Saint-Denis, 55 000 hab.) propose une aide à la préparation
d’entretiens d’embauche, et l’animatrice multimédia de Cazals (BP,
Cazals-Salviac, Lot, 5 300 hab) propose
une aide à la déclaration d’impôts en
ligne.
« Street Books » est une bibliothèque mobile à vélo, au
service des sans-abri de Portland (BP, Oregon, USA, 3 831 100 hab.). Ceux et
celles qui l’animent sont des bénévoles qui vont à la rencontre des personnes
vivant dans la rue. Les nouveaux·elles adhérent·e·s reçoivent une carte de
bibliothèque sans être tenu·e·s de présenter une preuve d’adresse ou d’identité.
Au départ, les sceptiques ont déclaré que les livres ne seraient pas
restitués. Même si les sans-abri ont des
préoccupations plus urgentes que de rendre un livre de bibliothèque, il s’avère
que ça fonctionne plutôt bien, avec un taux de rendu élevé parmi les
usager·ère·s régulier·ère·s. Et si parfois certains ouvrages ne sont pas rendus
(pluie ou vol), aucune pénalité ne leur est demandée. Chaque retour de livre
est un moment fort à célébrer. C’est pourquoi les usager·ère·s sont invité·e·s
à être photographié·e·s, pour alimenter
une page du site.
Vu aussi à Bruxelles,
avec l’association Douche Flux.
D’autres actions au plus près
des publics (dans les piscines et les parcs #169, dans la rue #168 à vélo #171 ou en bibliobus
#172…) à découvrir dans le numéro 100
de Bibliothèque(s).
BAnQ (BP, Québec, 542 000 hab.) propose régulièrement aux
enfants qui ont des besoins particuliers ou qui ont été diagnostiqués dans le
spectre de l’autisme, de participer à cette heure du conte interactive ouverte
à tou·te·s. La·le bibliothécaire présente aux participant·e·s l’horaire visuel
à l’aide de pictogrammes, puis propose une lecture animée d’une histoire. La
Chasse à l’ours de Michael Rosen a par exemple, été sélectionnée en raison de
son contenu répétitif qui permet d’anticiper les événements dans l’histoire.
Six lieux visités à travers l’histoire avec six sachets à manipuler et à
sentir. En fin de séance, un court métrage de sensibilisation à la différence
est présenté aux participant·e·s. L’heure du conte se termine avec la
fabrication d’un bricolage avec différentes matières à toucher. […]
Lire des articles relatifs à l’accueil des personnes autistes en bibliothèque sur le blog Accessibib.
#118 Des séances de cinéma en audiodescription
À Bourges (BP, Cher, 65 500 hab.), la bibliothèque propose
des séances « Voir avec les oreilles » qui font se rencontrer des personnes
non-voyantes et malvoyantes, et le grand public qui accepte de se bander les
yeux durant le film. Un court-métrage est projeté en audiodescription. À
l’issue de cette première projection, chacun·e exprime son ressenti et ce
qu’elle·il a imaginé. Une deuxième projection suit avec les images et le
bandeau retiré. Des échanges sur les différences de ressenti s’engagent entre les
publics. C’est l’occasion pour les personnes non/malvoyantes de témoigner sur
leur quotidien et pour l’équipe, de présenter les médias accessibles aux
non-voyant·e·s disponibles à la médiathèque : films en audiodescription équipés
en braille, livres tactiles et en braille, livres lus… L’objectif de ces
séances est de sensibiliser, de dédramatiser, et de briser l’isolement des
personnes non-voyantes et malvoyantes, tout en leur rendant accessible la
culture au sein des bibliothèques.
Vu aussi à Dijon (BP, Côte-d’Or, 155 000 hab.) et
Montpellier (BP, Méditerranée Métropole, Hérault, 465 100 hab.).
Lire des articles relatifs aux personnes en situation de déficience visuelle en bibliothèque sur le blog Accessibib.
#170 Des livres dans les halls d’immeubles
Une planche, deux tréteaux, quelques cartons, le SMAE,
Service médiation et action éducative des bibliothèques de Rennes (BP,
Ille-et-Vilaine, 215 000 hab.) organise depuis plusieurs années l’opération «
Bibli-hall ». Ce projet construit en partenariat avec les bailleurs sociaux
Aiguillon construction et Archipel habitat ne peut se dérouler sans
l’implication de l’agent de proximité ou d’un collectif d’habitants, acteurs
essentiels dans la relation avec les résidents des immeubles. Plusieurs fois
par an, de 16h à 19h, l’équipe bibliothèque s’installe dans les halls
d’immeuble et propose le prêt gratuit d’ouvrages. Ces rendez-vous réguliers
sont devenus incontournables pour des habitants qui n’osent pas toujours
franchir les portes des bibliothèques. Une action mise en valeur en début
d’année dans les abribus de la ville.
Après avoir travaillé à la bibliothèque municipale de Valence, Nathalie Étienne occupe désormais un poste d’assistante à la Médiathèque Départementale de la Drôme à CREST (site ouvert aux publics). Elle est responsable du secteur musique et de la communication. Amateure de street art, elle y a organisé divers événements (Yarnbombing, Inside Out Project). Son compte Instagram @knittie_librarian est le reflet de cet intérêt. Elle a collaboré avec Amandine Jacquet à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).
Bibliothécaire et formatrice, Amandine Jacquet a travaillé en bibliothèques municipales et départementales, puis à l’Enssib, avant de devenir formatrice et consultante pour les bibliothèques. Elle est membre de la commission internationale de l’ABF et de la section Management des Associations de Bibliothèques (MLAS) de l’IFLA. Elle a coordonné l’ouvrage Bibliothèques troisième lieu (ABF, 2e édition revue et augmentée en 2017, publication en italien 2018), ainsi que l’ouvrage Concevoir une bibliothèque rurale (ABF-ABD, 2018). Elle a collaboré avec Nathalie Étienne à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).
Depuis le début du confinement , les bibliothèques et bibliothécaires de France rivalisent de créativité et d’imagination pour faire vivre leurs services autrement et développer ce qui est accessible à distance. Heures du conte, vidéos, playlist, projets participatifs….
Les offres à distance foisonnent entre visites virtuelles de musées, opéras, cinéma en ligne, ressources d’autoformation. Comme le montre l’enquête initiée par le ministère de la Culture, les ressources numériques connaissent un plein essor en cette période particulière.
Qu’en est-il en milieu pénitentiaire, où toutes ces ressources sont inaccessibles , où l’accès « à distance » est impossible et où, en raison des contraintes sanitaires, les activités culturelles sont toutes stoppées, de même que les moments qui rythment habituellement le quotidien des détenus et assurent le lien avec l’extérieur (cours, parloirs etc.) ?
Crédit photo : Livre et lecture en Bretagne – Quartier Livre
Nous avons relevé déjà de belles initiatives :
à la maison d’arrêt de Nantes, une bibliothèque ambulante est en place, et des outils ont été développés depuis l’extérieur par l’équipe des coordinatrices culturelles ;
Dans le Sud Ouest des coordinateurs culturels ont souhaité maintenir le lien avec les personnes détenues et la détention en créant une Gazette culturelle qui propose des petits articles culturels et humoristiques : actualité/ philosophie/ recette/ idée d’émission radio ou télé à écouter… Elle est distribuée toutes les semaines aux personnes détenues du CP de Bordeaux-Gradignan et bientôt dans d’autres établissements.
l’émission « Déconfinés : lire pour s’en sortir » destinée aux personnes détenues, est diffusée chaque vendredi soir sur La Chaîne Parlementaire ;
dans d’autres prisons, l’auxi bibliothécaire passe de cellule en cellule avec le catalogue papier de la bibliothèque, et ainsi répondre aux premières demandes de lectures des détenus ;
dans l’ouest encore, des émissions et autres contenus sur le livre sont proposés depuis l’extérieur, et passent sur les télévisions via les canaux vidéo internes ;
dans plusieurs établissements, des rendez-vous individuels à la bibliothèque sont proposés, en présence si possible de l’auxi-bibliothécaire en poste ;
parfois un chariot de livres sélectionnés passe de cellule en cellule, et permet de répondre aux premières demandes de lecture des détenus.
Ce qu’on pourrait imaginer ou envisager encore :
De la lecture à voix haute, à partir de textes sélectionnés, correspondant
aux souhaits des détenus et à la situation de confinement, à offrir aux
personnes détenues via les canaux vidéo internes ;
Des prêts de liseuses en nombre avec des textes récents (et tant pis
pour la connectivité des liseuses, en cette période particulière on peut bien
faire une croix sur quelques règles drastiques de sécurité).
Et enfin quelques recommandations qui s’imposent :
Pour mettre en place une offre de lecture, même au minimum, nous
préconisons :
un auxi-bibliothécaire en activité, pour accompagner l’offre de lecture,
des prêts en nombre suffisant ou des durées de prêt allongées,
au retour des livres, une « désinfection » systématique de tous les livres ; même si la désinfection n’est habituellement pas possible en détention, la situation actuelle l’impose.
Comme nous, les détenus sont « confinés ». Encore plus que
nous, ils n’ont à accès à rien (en dehors de la télévision). Ne les oublions
pas, et profitons pourquoi pas de cette période pour innover, et proposer une
offre de lecture attractive et différente !
Si vous aussi avez développé une offre de lecture particulière en détention, n’hésitez pas à nous en faire part, elle pourra compléter cette liste (qui n’est pas exhaustive) : accessibilites@abf.asso.fr
L’Enssib propose un stage de formation continue « Accessibilité numérique en bibliothèque », les 22 et 23 juin à Villeurbanne :
Ce stage est gratuit pour les personnels
territoriaux, ainsi que pour les agents relevant du ministère de
l’Enseignement supérieur et du ministère de la Culture.
Publics visés : Agent.e.s en charge du numérique dans leur bibliothèque (territoriale ou d’enseignement supérieur).
Objectifs :
Connaitre les besoins des personnes empêchées ou éloignées du numérique et le cadre juridique encadrant l’accessibilité numérique.
Savoir contribuer de façon accessible sur le web.
Connaitre les recommandations pour la préparation d’un cahier des charges incluant l’accessibilité numérique.
En cas d’impossibilité de réaliser ce stage en présentiel, l’Enssib étudiera toutes les possibilités pour proposer une alternative à distance.
La question de la maîtrise de la langue française et de la lecture est un enjeu pour une société ouverte, accueillante et inclusive. Les bibliothèques et médiathèques françaises se sont résolument engagées, depuis plusieurs années, dans la mise en œuvre d’actions en faveur de la maîtrise de la langue française et d’initiatives en direction de publics empêchés et/ou éloignés du livre et de la lecture.
Ces rencontres nationales permettront de mettre en lumière ces actions, de partager les connaissances et les pratiques professionnelles, de susciter les échanges et les projets, de diffuser nationalement les problématiques de l’accès à la lecture et à la langue française. Ces rencontres présenteront différentes initiatives portées dans les bibliothèques et médiathèques françaises autour des questions de l’accès à la langue française, de l’illettrisme, d’une signalétique adaptée, de la prise en compte de la dyslexie. Ces deux journées prendront la forme de conférences, table-rondes et d’un forum des initiatives.
Un programme en FALC (Facile à lire et à comprendre) est en cours de réalisation.
PROGRAMME JEUDI 26 MARS
9h30 : Accueil des participants
10h : Ouverture des rencontres par un représentant du ministère de la Culture
10h15 : Quand les mots me manquent Introduction des rencontres par : Anne Partiot, vice-présidente de l’Anapedys (association des parents d’enfants dyslexiques), Jean-Marie Bessa, chercheur en psychologie, professeur honoraire des universités
11h : Table ronde Agir pour l’accès de tous à la lecture et à la langue française. Animée par Geneviève de Maupeou, BPI Marine Bedel, directrice et Rémi Nouvène, service médiation et accessibilité, bibliothèque des Champs Libres de Rennes, Delphine Dutrieux, mère d’une jeune fille avec d’importantes difficultés de lecture fréquentant la médiathèque de Broons (22), Jean-Rémi François, directeur de la bibliothèque départementale des Ardennes, Viviane Fredou, directrice de la médiathèque L’hirondelle de Broons (22), Hélène Journaud, responsable de la Bibliothèque des relais lecture, Bibliothèque municipale de Grenoble,
12h30 : déjeuner libre
14h30 – 17h30 : Forum
Editeurs bretons proposant une offre éditoriale adaptée : – Editions Goater et 10 doigts Cie – Editions Lescalire – Ideographik
Structures mettant en place des projets et proposant des ressources pour l’accès la lecture : – ADAPEI 35 – Association des Bibliothécaires de France (ABF) – Bibliopass – Bibliothèque nationale de France (BNF) – Bibliothèque publique d’information (Bpi) – Livre et lecture en Bretagne – Médiathèque Valentin Haüy – Pôles sourds de la ville de Paris
Organismes liés à la lutte contre l’illettrisme : – Agence nationale de lutte contre l’illetrisme (ANLCI) et Ceregard (Centre de ressources gardois pour la maîtrise des savoirs de base) – CLPS, centre de formation professionnelle en Bretagne
Structure proposant des ressources pour les personnes allophones : – Langues et communication (Rennes)
PROGRAMME VENDREDI 27 MARS
9h : Accueil des participants
9h30 – 12h30: Ateliers
Deux créneaux proposés et deux ateliers au choix par participant : 9h30 – 11h et 11h – 12h30
Atelier 1 : Transcrire un document en FALC (Facile à lire et à comprendre) avec l’UNAPEI
Atelier 2 : Mieux accueillir les publics allophones avec la bibliothèque des Champs Libres de Rennes, la médiathèque de Vézin-le-Coquet (35) et la Bpi
Atelier 3 : « Facile à lire » : sélection et médiation avec Françoise Sarnowski – Bibliopass, la médiathèque de Broons (22) et le Ceregard.
Atelier 4 : Des outils pour le public sourd avec la bibliothèque de Sotteville-les-Rouen, l’expérience Byblos (Toulouse) et les pôles sourds de la ville de Paris. Atelier interprété en langue des signes en français (LSF)
Atelier 5 : L’accueil des jeunes Dys en bibliothèque avec les médiathèques de Lorient (56) et la médiathèque de Landerneau (29).
Atelier 6 : Pictogrammes : comment les utiliser pour un accueil de tous et une communication inclusive ? avec Hélène Gerber (graphiste) et les médiathèques de Carnac et d’Hennebont (56).
Atelier 7 : Visite de la bibliothèque des Champs Libres.
12h30 : Déjeuner libre
14h : Les ressources d’accessibilité avec Laurette Uzan, responsable de la médiathèque Valentin Haüy
14h30 : Table ronde : Mettre en œuvre des partenariats et de mobiliser des ressources extérieures Claire Extramiana, Ministère de la Culture/DGLFLF Jean-Rémi François, commission ABF AccessibilitéS Aveline Jarry, Centre Ressource Illetrisme (CRI) Juliette Sançois, UNAPEI Animation : Hélène Brochard, commission ABF AccessibilitéS.
16h : Clôture des rencontres Christian Janin, président de l’ANLCI
Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture propose une ressource à destination de l’ensemble des professionnels du livre pour s’informer ou perfectionner ses connaissances en matière d’accessibilité numérique.
Au sommaire :
Cadre légal
Aides au financement, structures référentes et ressources
Exemples de projets développés en Auvergne-Rhône-Alpes
Et aussi :
Présentation des formats
Outils pratiques et techniques
Règles de rédaction pour un contenu écrit accessible
Conseils aux éditeurs et bibliothécaires pour le développement d’une offre de livres numériques accessibles
Cette publication est disponible au format PDF ainsi qu’au format .doc à télécharger ici, et à la demande en version imprimée, envoyez un mail avec vos noms et adresse postale à : contact@auvergnerhonealpes-livre-lecture.org
Cette journée s’adresse à tous les professionnels du livre et de la lecture : éditeurs, transcripteurs, bibliothécaires, distributeurs, détaillants, éditeurs de logiciels, enseignants, chercheurs et étudiants des métiers du livre.
9h45 | Quoi de neuf en 2019 ? Actualités présentées par le comité de programme : Luc Audrain (Hachette Livre), Françoise Fontaine-Martinelli (Bibliothèque Universitaire Lyon 1), Nicolas Eglin (Centre Technique Régional pour la Déficience Visuelle), Alex Bernier (BrailleNet)
10h05 | Présentation de la ressource “l’Accessibilité numérique par étapes pour les professionnels du livre”, Priscille Legros, Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture
10h15 | Les actions publiques pour favoriser une offre de livres numériques accessibles
Les actions mises en œuvre par le ministère de la Culture pour développer l’accessibilité en bibliothèque, Thierry Claerr, Chef du bureau de la lecture publique, Service du Livre et de la Lecture, Ministère de la Culture
La politique du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en matière d’accessibilité du livre et des bibliothèques, Claire Josserand, Conservateur des bibliothèques, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Le Dispositif d’aide au développement de la lecture en direction des publics empêchés de lire et les évolutions du règlement de l’aide en 2020, Marie Grimaud, instructrice au pôle bibliothèque et responsable de la bibliothèque de référence du Centre national du livre
11h15 | La notion de lisibilité
Considérations générales sur la lisibilité, Adeline Richez, directrice de l’agence Adéquat
Luciole, une police de caractère pour la déficience visuelle, Laurent Bourcellier, Jonathan Fabreguettes (studio typographies.fr), Dr Anna Galiano (laboratoire DIPHE)
Présentation du rapport « EPUB et Dyslexie », Luc Maumet, EDRLab
12h15 | Déjeuner
14h00 | Ateliers, session 1 :
Lecture numérique accessible : présentation et démonstration de quelques solutions matérielles et logicielles, Fernando Pinto da Silva (BrailleNet)
Édition adaptée : vers des communautés de pratique, pour une meilleure mutualisation, Alex Bernier (BrailleNet)
L’école de magie d’Elentil : conception d’un livre jeunesse interactif, Caroline Chabaud (l’Association Mes mains en or)
15h00 | Ateliers, session 2 :
Applications concrètes de la police Luciole pour les transcripteurs, les éditeurs et la presse, L. Bourcellier et J. Fabreguettes (CTRDV)
Adaptation en bibliothèque : retour d’expérience, Frédéric Duton (Bibliothèque Universitaire de Poitiers)
Comment aborder la question de la description des images ? Vers un premier jeu d’actions, Luc Audrain (Hachette Livre)
16h00 | Conclusions
Lieu : Enssib, 17/21 boulevard du 11 novembre 1918 – 69623 Villeurbanne